Les SMR européens ne souffrent plus d’un déficit de vision, mais d’un déficit de décision. Le Nuclear Energy Summit de Bruxelles l’a confirmé, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen l’a affirmé : le nucléaire et les renouvelables forment désormais le binôme assumé de la souveraineté énergétique européenne. Il ne reste qu’à lui donner une traduction industrielle. Maîtrise des coûts, énergie pilotable, déploiement à l’échelle, simplicité de design : ce sont exactement les attributs que la Commission reconnaît comme déterminants pour les petits réacteurs modulaires. Reste une question : qui l’Europe choisit-elle de soutenir, et selon quels critères ?
Nucléaire et renouvelables : le binôme de la souveraineté énergétique européenne
Le monde n’attend pas les sommets pour agir. La Chine a déjà deux petits réacteurs modulaires connectés au réseau. Les États-Unis ont mobilisé des milliards via l’Inflation Reduction Act. Le Royaume-Uni, le Canada, la Corée du Sud : tous ont engagé des programmes nationaux assortis d’échéances précises. Ce n’est pas une critique adressée à l’Europe, seulement un état des lieux qui appelle une réponse à la hauteur de nos ambitions. Pendant que l’Europe délibère, ses concurrents déploient et chaque mois d’attente se paie en dépendance technologique.
Stellaria, une réponse concrète au plan stratégique de l’Alliance industrielle des SMR
À l’été 2025, Stellaria signait un contrat commercial avec Equinix pour fournir une énergie décarbonée, pilotable et disponible 24/7, apportant une autonomie énergétique presque totale aux futurs data centers européens dédiés à l’IA. Pas une lettre d’intention : un contrat, avec des livrables et l’engagement d’un client industriel.
Pour Stellaria, l’Union européenne et l’Alliance industrielle des SMR offrent plusieurs leviers : la coordination réglementaire et de la chaîne d’approvisionnement, la structuration d’outils collectifs qu’aucun acteur ne peut bâtir seul, et le soutien technique et financier aux projets. Notre projet entend prendre pleinement sa part au développement de la filière. Le plan stratégique de l’Alliance et ses objectifs résonnent d’ailleurs particulièrement avec ce sur quoi nous travaillons.
Target 1, utilisateurs finaux : le contrat Equinix, socle d’un accord tripartite
L’Alliance appelle explicitement à des accords tripartites entre le secteur public, les développeurs de SMR et les industriels consommateurs d’énergie. Nous sommes déjà dans cette logique : notre contrat avec Equinix constitue le socle commercial d’un tel arrangement, impliquant un opérateur de data centers qui a besoin d’énergie décarbonée, disponible 7 j/7 et 24 h/24, à faible empreinte foncière. Après un premier data center en France alimenté par des Stellarium, d’autres pourraient suivre en Europe. Nous sommes prêts à contribuer à l’élaboration du cadre que l’Alliance cherche à formaliser d’ici juin 2026.
Target 2 : installations expérimentales et besoins R&D : ALVIN et MEGALVIN
L’Alliance cherche à identifier et prioriser des installations de test pour les besoins clés des SMR, dans la perspective du prochain cadre financier pluriannuel. Nous développons précisément deux maquettes expérimentales : ALVIN, notre démonstrateur, et MEGALVIN, notre prototype, soutenu par un programme de R&D multipartenaire. D’ici 2030, elles permettront d’irradier des matériaux, de qualifier des codes de simulation et d’explorer des mécanismes fondamentaux comme l’insertion de réactivité. Une contribution délibérée au patrimoine expérimental commun que l’Alliance appelle à construire.
Target 3 : codes, standards et échange de données : la collaboration avec le CEA
La Target 3 vise à harmoniser les codes et standards techniques et à simplifier les échanges de technologie entre États membres. Nous travaillons d’ores et déjà avec les codes de simulation du CEA, référence incontournable en Europe sur les réacteurs avancés, en les adaptant aux réacteurs à sels fondus en échange de leur utilisation. Cette collaboration nous place naturellement en position de contribuer à l’effort d’harmonisation que l’Alliance souhaite piloter d’ici 2028.
Target 4 : partenariats scientifiques et chaîne de valeur : un réseau européen
L’Alliance souhaite développer une plateforme de mise en relation entre projets SMR et partenaires qualifiés à travers l’Europe. Nous structurons déjà ce réseau : nous travaillons avec le JRC de la Commission européenne, avec TU Delft où nous co-encadrons un doctorant, et avec SCK CEN en Belgique. Une collaboration transfrontalière et multi-institutionnelle qui préfigure exactement le tissu partenarial que l’Alliance veut structurer, et que nous multiplierons dans les prochains mois pour bâtir notre supply chain européenne.
Target 6 : formation et compétences : le bootcamp SMR
La pénurie de compétences nucléaires en Europe est un défi reconnu. L’Alliance ambitionne de poser les bases d’une European Net Zero Academy sur les SMR et AMR. Nous avons déjà répondu à notre échelle en montant un bootcamp SMR en France, destiné à former une nouvelle génération d’ingénieurs aux réalités concrètes des réacteurs de quatrième génération. Une initiative modeste aujourd’hui, mais qui peut devenir une brique concrète du dispositif que l’Alliance cherche à construire.
Target 8 : sûreté et dialogue réglementaire : la DAC déposée à l’ASNR
C’est sans doute la preuve la plus tangible de la maturité de notre projet. Nous avons déposé une Demande d’autorisation de création (DAC) d’une Installation nucléaire de base auprès de l’ASNR, pour une implantation sur le centre CEA de Cadarache. Le dossier est en cours d’instruction, et des échanges avec l’autorité de sûreté sont prévus dans les prochains mois, sous réserve de recevabilité. La LOI récemment signée avec le CEA permettra de lancer les études d’implantation concrète. L’Alliance souhaite produire des industry position papers en lien étroit avec les régulateurs nationaux : nous serons très prochainement en dialogue actif avec le nôtre, un retour d’expérience précieux pour ces travaux.
Six cibles sur dix. Six réponses documentées, engagées, en cours de réalisation. Pas de simples ambitions, mais des projets qui existent, avec des partenaires et des échéances claires.
Ce que Stellaria demande à l’Alliance européenne des SMR : ne pas refermer le champ des possibles
Le premier cycle de l’Alliance a sélectionné neuf projets, mais leur composition repose encore largement sur des réacteurs conçus hors Union européenne. La Commission l’a souligné elle-même : cette dépendance est une vulnérabilité stratégique que le second cycle doit corriger. En mars 2026, la Commission a d’ailleurs publié sa stratégie SMR officielle, qui appelle explicitement à un déploiement industriel de designs européens matures et à un contenu local élevé : la reconnaissance des technologies d’origine européenne n’est plus une option, c’est désormais une orientation assumée de l’Union.
Chez Stellaria, nous avons la technologie, un client industriel, un réseau académique européen, un dossier de sûreté sérieux en cours d’instruction auprès de l’ASNR, et un site pour la construction du premier prototype à sels fondus et à neutrons rapides au monde. Le deuxième appel à projets doit accompagner les technologies les plus avancées d’origine européenne. En deux ans, beaucoup de choses ont évolué. Pour ne pas disperser les efforts, la reconnaissance des dossiers les plus avancés techniquement et économiquement devient essentielle. Nous demandons une réétude des dossiers, pour une sélection des plus porteurs techniquement dès 2026.
L’avenir énergétique de l’Europe se construit maintenant
L’Europe a tranché sur le principe : le nucléaire et les renouvelables porteront ensemble sa souveraineté énergétique. Il lui reste à trancher sur les acteurs. Reconnaître aujourd’hui les SMR européens les plus matures, c’est transformer une ambition partagée en filière industrielle réelle. Stellaria y prendra toute sa part.







Questions fréquentes sur les SMR européens et l’Alliance européenne des SMR
> Qu’est-ce qu’un SMR (petit réacteur modulaire) ? Un SMR (Small Modular Reactor) est un réacteur nucléaire de faible puissance, généralement jusqu’à 300 MWe par module, conçu pour être fabriqué en usine puis assemblé sur site. Sa modularité vise à réduire les coûts, les délais de construction et le risque financier par rapport aux réacteurs de grande taille.
> Qu’est-ce que l’Alliance industrielle européenne des SMR ? Lancée par la Commission européenne en février 2024, l’Alliance réunit plus de 350 acteurs (industriels, chercheurs, décideurs publics) autour d’un plan stratégique destiné à accélérer le développement et le déploiement des premiers SMR en Europe au début des années 2030. Son plan d’action 2025-2029 décline dix cibles, de la demande des utilisateurs finaux à la sûreté réglementaire.
> Qu’est-ce qu’un réacteur à sels fondus à neutrons rapides ? C’est un réacteur de quatrième génération dans lequel le combustible est dissous dans un sel liquide servant aussi de caloporteur. Le spectre rapide de neutrons permet une meilleure valorisation de la matière et une gestion optimisée des déchets. Le Stellarium de Stellaria vise à être le premier prototype à sels fondus et à neutrons rapides au monde.
> Pourquoi le second cycle de l’Alliance est-il déterminant pour les SMR européens ? Le premier cycle a sélectionné neuf projets reposant en grande partie sur des technologies conçues hors UE. Pour réduire cette dépendance stratégique, le second appel à projets doit pouvoir reconnaître les dossiers d’origine européenne les plus avancés techniquement et économiquement. Il s’agit donc autant d’un enjeu de souveraineté que d’industrialisation.